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Informatique

Rançons en bitcoin : les fausses alertes à la bombe

Le bitcoin, on en entend beaucoup parler en ce moment et pour cause : la police a évoqué plusieurs alertes à la bombe étant accompagnées d’une demande de rançon en bitcoin. L’email mis en cause indique : « Mon homme a transporté une bombe dans le bâtiment où se trouve votre entreprise. Il a été fabriqué sous ma direction. Il peut être caché n’importe où en raison de sa petite taille, il n’est pas capable d’endommager la structure de soutien du bâtiment, mais dans le cas de sa détonation vous obtiendrez de nombreuses victimes. Mon mercenaire garde le bâtiment sous contrôle. S’il remarque un comportement inhabituel ou une urgence, il fera exploser la bombe. Je peux retirer mon mercenaire si vous payez. Vous me payez 20 000$ en Bitcoin et la bombe n’explosera pas, mais n’essayez pas de tricher – je vous garantis que je ne retirerai mon mercenaire qu’après 3 confirmations dans le réseau blockchain », accompagné d’une adresse bitcoin avec une sommation de régler avant la fin de journée.Il n’en a pas fallut plus à la monnaie pour s’effondrer…presque totalement.

Mais qu’est ce que le bitcoin ?

Le terme Bitcoin est apparu pour la première fois dans les années 2008. Il est issu de l’assemblage de deux termes anglais : « bit » qui indique l’unité binaire en informatique et « coin » qui signifie littéralement « pièce de monnaie ». Il a été inventé par Satoshi Nakomoto. Les rumeurs sur ce dernier, ou cette dernière d’ailleurs, vont bon train puisque sa réelle identité n’a jamais été dévoilée. Quel est son sexe ? Est ce un pseudonyme ? Plusieurs personnes se cachent-elles derrière ce nom ? S’agit-il de hackers ? Bref, tant que questions auxquels nous n’avons aucune réponse. Cela étant dit, une chose est sure à propos de cette personne : sa fortune la classe parmi les 50 plus grandes richesses du monde (près de 11 milliards d’euros), de quoi faire saliver les plus curieux.

Le bitcoin est une monnaie numérique, qui s’oppose par définition à celle classique physique que l’on utilise sous la forme de billets ou de pièces.

Comment fonctionne le bitcoin ?

Bien que les transitions numériques sont ancrées dans notre quotidien et très largement utilisées, le bitcoin s’en diffère en apportant une nouveauté totalement inédite : il est décentralisé, c’est à dire qu’il n’utilise aucune autorité centrale telle qu’une banque. Il fonctionne en peer-to-peer (en français, pair à pair) et se vante de fournir une alternative expérimentale au paiement électronique en ligne. C’est là l’un de ses principaux atouts puisque ses utilisateurs peuvent l’utiliser sans passer par une banques ou autres organismes financiers.

Le bitcoin fonctionne grâce à des logiciels et des protocoles libres (c’est à dire que le code source est ouvert, en anglais « open source »). Ses logiciels permettent aux utilisateurs de créer des adresses électroniques de paiement afin de pouvoir payer, mais aussi de recevoir les bitcoins d’autres utilisateurs. Il est donc une nouvelle véritable réserve de valeur.

Comment expliquer cette faille ?

Alors que la monnaie virtuelle bitcoin dépassait récemment la barre des 4 000$, des escrocs 2.0 ont décidé d’utiliser cette monnaie comme valeur de rançon en lançant un peu partout des fausses alertes à la bombe ciblant des écoles, des hôpitaux mais aussi des bureaux gouvernementaux et bien d’autres encore. Ce phénomène a commencé à se développer aux Etats-Unis et continue de proliférer, attirant l’attention du FBI qui a déclaré dans un communiqué :

« Nous sommes au courant des récentes alertes à la bombe lancées dans plusieurs villes du pays et nous restons en contact avec nos partenaires chargés de l’application de la loi pour leur apporter notre aide. Comme toujours, nous encourageons le public à rester vigilant et à signaler sans délai les activités suspectes pouvant représenter une menace pour la sécurité publique. »

Il est très simple de comprendre l’ampleur de ce phénomène en tapant sur google « fausse alerte à la bombe Etats-Unis ». Cette faille s’explique par le fait que le code du site est en open source et que quiconque avec un peu d’expérience en informatique peut manier très aisément le logiciel et créer des adresses mails à foison, rendant très compliqué le rapprochement des faits et la traque au coupable. Cette arnaque s’est déployée à travers le monde et notamment en Nouvelle-Zélande, donc l’agence de la cybersécurité (CERT) s’est emparée de l’affaire :

« Les Néo-Zélandais ont signalé avoir reçu des courriels menaçants selon lesquels un engin explosif était caché dans le bureau du destinataire et serait déclenché à moins qu’un montant de la rançon en bitcoin ne soit payé », est-il écrit. « Même s’il s’agit probablement d’une arnaque opportuniste, la police néo-zélandaise considère qu’il s’agit d’une menace réelle jusqu’à preuve du contraire ».

Affaire à suivre, donc.

Rançons en bitcoin : les fausses alertes à la bombe
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